Imaginez que l'arbitraire de la langue s'empare de vos convictions. Convention des sons, anarchie des sens.
Que l'imaginaire ne trouve plus de forme et reste, divinement, inconnu. N'avoir plus de forme future, préférer les conjugaisons incertaines et décomposer un temps révolu.
Qu'un sentiment ait la fantaisie de s'accrocher à des histoires peu vraisemblables et errer dans l'insensé des liaisons hasardeuses.
Répandre et inscrire un mot sur une page et se heurter à des symboles impénétrables, à des dessins étouffés. Étrangers les uns aux autres et pourtant si reliés; synthèse des voies, combinaison insensée.
Ecrire et ne trouver que des sonorités que votre souffle animera. Ressentir et n'avoir que la vraisemblance du vrai. Oser et ne croire qu'à l'arbitraire des conventions. Désirer et n'être habité que par l'ardeur de la chair.Ne céder qu'une fois l'inconnu mis à nu, de tout affixe dénudé.
Imaginer, et n'avoir aucun tableau en tête. Mais,peindre.

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