mardi 27 septembre 2011

chant du cygne?


La subjectivité abrutit. Sans elle, nous ne le serons pas moins. Absurde? C'est avant tout subjectif puisque mon jugement vous implique et il suffit de me lire pour vous approprier ma pensée, le temps d'une lecture. 
Abrutis nous serons car si elle sait apprécier les choses, elle a le don de les déformer, de les former à notre guise. La subjectivité ne peut qu'être égocentrique et toute lecture est une recherche du moi à travers d'autres. Non pas faute d'encre ou stérilité poétique, mais par pure vanité. 
L'écriture est tout autre. Elle n'est pas égocentrique, elle ne cherche pas le moi à travers autrui. Elle démolit toutes les esquisses du moi pour n'en faire qu'un corps étranger. Détériorer le moi en quête de noms et le moi en proie à l'attraction des origines, de l'ignorance, de l'état pur, originel. L'énumération est ici preuve de subjectivité;désir d'un état que la combinaison de synonymes tente de retrouver. 
L'écriture est cette concrétisation d'une mort déjà acquise, d'une mort qui se réalise. D'un processus absurde déclenché depuis le premier mot inscrit dans ma mémoire. Absurde encore car la langue même qui participe à ce massacre de l'état originel se fuit et se détériore. Absurde car les courants de pensées coulent et ne se rattrapent jamais à temps. Car les mots aujourd'hui écrits, sont certes inscrits,gravés,mais lus le lendemain, ils seront ternis. La langue se fuit. Les mots se trahissent et la lecture se fait à haute voix pour s'oublier une fois la performance applaudie.
Du mépris ce soir pour l'enthousiasme qui succède aux belles tournures de phrases et la lassitude qui, quelques temps après, d'un trait, les barre. 
Je est un antre petit Rimbaud.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire