samedi 1 octobre 2011

Sisyphe ou si seulement.

Imaginez la pénible tâche d'avoir, non pas à pousser un rocher jusqu'au sommet d'une colline, de recommencer à perpétuité, mais d'avoir à supporter le poids du même rocher. Inébranlable. Il importe peu que le chemin soit sinueux, bourbeux ou que la brume voile notre misère au monde. La peine est quotidienne, le rocher est le même. On en vient même à en oublier le poids. A en oublier la présence. On se courbe pour reprendre du souffle. Erreur fatale; le poids nous écrase.On se redresse pour avancer mais le poids nous renverse. La chute est certaine. Aucune issue, on avance et le poids s'amplifie, la fatigue s'accentue, et chaque jour,comme pour n'avoir aucune excuse, se forgent en nous quelques souffles maudits qui s'abreuvent des sueurs anciennes. 
Se réveiller un jour libre de ce poids et se pavaner aux milieux des ombres, avec légèreté, fantaisie. On en vient à avoir du dédain pour cette liberté excessive, douteuse. Affranchi de ce poids et on en vient à culpabiliser, à se croire amputé de quelques parties vitales. 
Se réveiller le matin, sans rocher. Aller vers ces ombres qui ne se courbent pas,ne se redressent pas, mais marchent fièrement. Ces tailleurs de pierre qui préfèrent déformer le rocher originel pour n'en faire qu'une esquisse de soi. Pure vanité.
Des idéaux qui pèsent dans un monde où s'élèvent des demeures somptueuses; quelques rochers taillés,épannelés et finement polis. Habitées par des citoyens et quelques misérables affranchis. 

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