Mon cher et précieux désordre, et si je te disais que notre passé n'est que l'oeuvre de tes poussières? Et si je te disais qu'il n'y avait que toi et moi?
Tu prendras mes mensonges pour des plaisanteries.
Tu me diras distraite par un présent importun.
Je ne t'en dirais pas davantage dans ce cas.
Tu me diras de nouveau amoureuse.
Ingrate et je cherche à annihiler ce qu'on a si délicieusement vécu.
Et si je te disais que je n'y croyais pas? pas vraiment ou peut-être que ça s'est fait comme ça, par obligation, par conviction de jeune indécise ou même excès de zèle,illusion,rêverie, désillusion parfois. Vouloir à tout prix y croire.
Tu sais, quand je te retrouvais, que je te salissais davantage, que tu m'écoutais dans mes délires; paroles interminables, tristes complaintes, hystérie des amours. Misérable écrivain, écrivaillon.
Je te retrouvais par pitié. Je revenais vers toi.
On se consolait sans trop savoir qui était celui qui gémissait le plus, l'inconsolable, l'inconsolé, de nous deux.
Et puis tu sais,je te retrouvais toujours au même endroit,fidèle à tes poussières.
Je ne te retrouvais pas à vrai dire. Je rentre,lasse,lessivée et tu étais là. Et rien que pour ça, il m'arrivait de t'oublier presque.
A force d'être là tu sais. Je me lassais de toi. Pire, tu n'étais presque plus là.
Mon sale désordre. Mon fouillis. Mes débris.
Pardonne-moi. De partir, inlassablement.
Je t'en veux des fois,le sais-tu?
Jamais tu ne m'as crié ma cruauté,mon dédain.
C'est à croire que tu l'es aussi, à ta manière.
Désordre, je t'écoute. A tes pieds, je me délecte à inhaler cette poussière, la nôtre.
Des ordres,voilà ce que j'attends.
De ces miasmes que j'aspire, je ne sens que nos temps admirablement conjugués,le soir.
Ces soirs où, maîtres de tout, rêveurs,j'éparpillais tes membres sur ma table et tu te soumettais,ivre,à mes caprices.
Et plus j'écrivais,plus je t'usais,plus j'abusais des dernières pièces vierges,immaculées de ton corps,déjà flétri. Plus j'écrivais,plus tu retrouvais ta pureté originelle.
Plus tu t'égarais dans le ténébreux de tes gouffres.
Mon désordre, mon cher et précieux désordre amoureux.
Je t'abandonnais,lasse de toi. Une tâche d'encre sur mon doigt, tant de bavures sur ton corps.
Tu gardes tout,pieusement, fidèle à nos belles soirées.
Je cesserai de revenir, certainement,pour ne plus te quitter. Quand elles se lasseront des faux adieux pour me quitter, à jamais.
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