Te souviens-tu du dernier regard?
Tu sais,quand nous nous passions de ces mots. Quand ils n'étaient plus à notre image et qu'on avait décidé,non de céder au mutisme, mais de le narguer. Te souviens-tu de ce moment où, par excès d'attention, de méfiance, d'amour peut-être, nous nous étions regardées, par hasard?
Souviens-toi de ce moment, de ce regard de l'inconnu qui déflore,de l'amoureux qui languit et se lasse. L'ivrogne qui s'engourdit et s'égare de la voie. La voix de ton regard, ce dernier. Et quel doux mutisme, parce que personne ne le savait vrai. Personne n'avait su que c'était le silence des adieux. Qu'il était stérile.
Et parce qu'on l'ignorait, excès d'amour certainement, très peu d'attention et tant d'alchimie, on s'était regardées.
Souviens-toi de cet instant où tout était dérisoire, si insignifiant que nous nous étions presque permises un adieu.
Avions-nous besoin de plus ou de moins pour partir?
Aurions-nous dû,dans un excès de dérision,se regarder moins ou le faire autrement,ailleurs, là où on aurait trouvé du sens à l'histoire,à ce regard?
Il n'aurait pas été le dernier. Nous n'aurions pas été heureuses.
Suffit-il de baisser les yeux pour rayer ce que je ne cesse d'écrire ?
Suffit-il d'un regard, lancé maladroitement, presque de manière instinctive,pour se priver de tous les autres? Regards ou moments. Adieu certainement.
Aurions-nous pu échanger ce maudit regard dans le noir? Ou même,sous un soleil infernal, une pluie d'automne?
Souviens-toi de ce regard, de l'amoureux qui s'en va et en gémit à chaque pas. Celui des promesses muettes, de l'échec pressenti,des départs.
Te souviens-tu du premier?
Les maladresses des jeunes apprentis. La réticence des orgueilleux qui désirent,brûlent d'envie et n'osent pas. Tu ne te souviendras jamais du premier, car il s'est conjugué avec tant d'autres. Tant de premiers regards tu sais. Et j'ai essayé de le reconnaître, de le sentir, à part, pour m'en souvenir.
Que m'importerait le dernier si j'avais eu en mémoire le souvenir d'un commencement.
De tout ce qui m'échappe, je ne garde que le plus furtif, l'éternelle fuite d'un regard qui tue.
Souviens-toi de ce regard, ce dernier, car vois-tu il y en a eu bien d'autres après. D'autres, tout plein de dédain, si insignifiants et dont on pouvait se passer. Ils n'étaient plus à notre image et on ne se regardait plus.
Tant d'autres et si peu de sens.
Souviens-toi, de tout ce qui te plaira. souviens-toi en fermant les yeux.
Tu n'es plus là et je me souviens. Souvenir infernal, et dans ce noir, nous nous regardons, jusqu'à l'infini.
Non pas une pluie d'automne, non pas le charme indicible, délicieux de la nuit. L'assurance des amoureux,le soir.
On se regarde, dans ce noir, infiniment. On se quitte inlassablement. Les yeux fermés.
L'infini d'une rêverie.
Tant d'autres et si peu de sens.
Souviens-toi, de tout ce qui te plaira. souviens-toi en fermant les yeux.
Tu n'es plus là et je me souviens. Souvenir infernal, et dans ce noir, nous nous regardons, jusqu'à l'infini.
Non pas une pluie d'automne, non pas le charme indicible, délicieux de la nuit. L'assurance des amoureux,le soir.
On se regarde, dans ce noir, infiniment. On se quitte inlassablement. Les yeux fermés.
L'infini d'une rêverie.
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